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by lufdbf

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released April 6, 2014

Thierry Lorée & Fred Debief

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lufdbf Besançon, France

"un univers profondément singulier, à la fois sensuel et cérébral, charnel et abstrait, érudit et instinctif, électrique et délicat" IRM

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Track Name: Un chien noir se rue sur le monde
Étranges silences,
Sourires simiesques,
mièvreries équivoques
aux tendons saillants,
aux rides pullulantes,
profondes et sèches…

Aucun électrochoc n’y fera rien,
on ne va pas loin
sans horizon pour nos yeux,
on tire au flan,
on pinaille,
on a du mal
à s’arracher du sol…

Se désembourber,
maladroitement,
pour retomber,
mollement,
presque aussitôt…

On jette des bouteilles au ciel,
dans l’espoir qu’elles s’envolent
et mènent ailleurs
nos cris de carpe…

L’espace est englué
de ces verres pour myopes.
Les vallées se drapent
de bulles d’ombre…

Ivres de savoir
et cons comme leurs pieds,
les archanges de l’oubli
pataugent dans la fange
se heurtant, s’accrochant,
geignant, grimaçant,
sous le joug des ondes bleues….

Un chien noir se rue sur le monde
Track Name: Que reste-t-il ?
On ne compte plus
que pour des prunes,
des poires,
ou des andouilles,
vidés de haut en bas,
dégrossis de fond en comble.

Un voile est tombé devant nos yeux,
c’est plus commode que d’se les crever…
Des fils nous ont poussé dans l’dos,
une pression irrésistible
s’est emparée de nous,
nous gigotons
inlassablement,
nul ne saurait dire pourquoi,
personne,
mais c’est comme ça…

Que reste-il de la terre
que nous foulions à grandes enjambées ?
Que reste-il de nos jambes ?
Jambonneaux juste bon
à se laisser divertir
par quelque escalier roulant,
par quelque ascenseur miaulant.

Qui est encore ?
Qui est suffisamment sans suffisance ?
L’herbe pousse de plus en plus difficilement
sous nos pas mous,
boulets d’absence et d‘inconséquence
que nous trainons,
fers dérisoires
à nos chevilles effilochées
pendant comme glottes
aux cous des vieux.

Que sommes nous devenus ?
Que sommes nous ?

Il n’y a pas de grand frère,
pas plus que de cité alpha,
il n’y a que nous
et cette admirable vie que l’on piétine,
il n’y a plus que la vie,
la crasse nous a étouffé il y a longtemps,
sempiternelle crasse,
éboueurs, fossoyeurs
que nous sommes,
que nous avons toujours été…

On creuse chaque jour
sa tombe et celle des autres,
d’un pas toujours plus lourd
d’inconséquence…

Abstinence mal placée…
Absinthe interdite…

Le voile nous plait,
étoffe à imaginer
tantôt fluide, tantôt rêche…
peau de soi qu’on enfile et défait,
corps crispés en proie aux attentes
désespérantes…

Un tramway, un avion,
un paquebot aux contours flous,
volontairement changeant,
aux aspects anodins,
masque de plus,
irréalité consentie,
du bout des lèvres,
sans trop y croire,
sans y porter
plus d’intérêt
que de coutume…

L’air sans doute y sera meilleur…
Une zébrure fend l’azur,
trait blanc,
rideau pale,
bleuté autant que gris,
grisé par la mouvance,
continue,
incessante…

Tout tourne sans cesse
en une somptueuse parade,
roses flamboyants,
jaunes pastels aux fulgurances rouges,
gris brique,
anthracite,
poussière,
métal…

Toutes les nuances
des roches,
des minéraux,
sont dans le ciel,
cinéma en plein air,
séance gratuite…
c’est la seule chose sur laquelle
on puisse réellement compter…

Tout le reste n’est que du vent…